La Rueda de Casino

La Rueda de Casino est une formation en cercle composée de plusieurs couples, et au minimum deux. La plus grande Rueda a atteint cent couples dans les années 70 !!!

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Cette formation est dirigée par un “chanteur”, un leader, ou un chef d’orchestre, reconnu pour son habileté et son expérience.

Dans cette formation en cercle, les couples exécutent des figures, des combinaisons, et effectuent des tours sous la conduite expérimentée du chanteur. Les danseurs changent également de partenaire, appelées à l’origine “cousine”. L’ensemble de cette prestation s’effectue à l’unisson tout en évoluant dans le sens des aiguilles d’une montre, ou le contraire !!!

La formation en cercle, le changement de partenaire et le synchronisme des mouvements en font une danse où “rester toujours ensemble” représente le principal défi…

Les rires et les éclats de rires ne se comptent plus…
La “Rueda de Casino” gagnent tôt ou tard le coeur des salseros.

Histoire de la Rueda de Casino

De nombreuses danses de salon très à la mode se sont introduites à Cuba au 18ème siècle, peut-être même auparavant: contredanse française, menuet, rigaudon, quadrille, valse,…). Ces danses de salon ont subi une adaptation aux conditions socioculturelles et géographiques du pays. Ceci a engendré une créolisation de la musique, comme celle de la danse. Dans d’autres cas, on a vu surgir de nouvelles danses : la danza, la habanera, le danzon, la contredanse créole… Ces diférentes danses cubaines ont participé à l’apparition du Casino.

Dans la contredanse cubaine, la présence d’un « bastonero » dirige la danse, notre célèbre chanteur de la Rueda de Casino, telle que nous la connaissons aujourd’hui. La position de la danse est alors ouverte.

La Danza emprunte à la valse la position fermée, et va consister à se déplacer en avant ou en arrière en marche cubaine.

Le danzon fait évoluer ses figures pour les adapter au Casino.

Le Cha cha cha et le Son (prononcer sonne) ont été je cite « les piliers fondamentaux » dans « la création du Casino ». Le cha cha cha au travers de ses propres figures va influencer chorégraphiquement la Rueda.
A la fin des années 50 apparaît la Rueda comme une variante du Cha Cha Cha. Les couples exécutent des figures et des mouvements synchrones, les uns derrière les autres, en formant un cercle, et en avançant dans le sens ou pas des aiguilles d’une montre.

A cette époque, la Rueda est déjà dirigée par une personne expérimentée. Cette personne, le chanteur, donnera le ton à la qualité de la Rueda : synchronisme des mouvements, rapidité d’exécution, figures, tours, créations de nouvelles figures, changement de partenaires, et créativité personnelle…

Les débuts de la Rueda de Casino 1950 – 1959

Différents facteurs vont participer à l’émergence du Casino. Les espaces de danses, appelés encore « société de divertissements » vont dissocier les clubs réservés aux blancs, aux mulâtres, et aux noirs.

L’apparition d’importants groupes musicaux, la frénésie et l’engouement pour le Son et la Guaracha, la codification du Cha cha cha vont également influer sur la Rueda de Casino.

A tout cela s’ajoute la démocratisation de la télévision et l’influence culturelle des Etats-Unis qui permettront à la Rueda de Casino d’obtenir la place que nous lui connaissons aujourd’hui.

La naissance de la Rueda de Casino est liée au « Club Casino Deportivo» (Société de blancs). Cette initiative plut aux jeunes et se développa dans d’autres clubs (quartier de La Habana)… On raconte par ailleurs que la Rueda de Casino viendrait du grand orchestre populaire de l’époque « Conjunto Casino ». On dit aussi que la Rueda se pratiquait dans les casinos où l’on dansait le son cubain, le mambo, le cha cha cha, mais aussi le fox-trot et le rock’n’roll. Les jeunes de cette époque disait alors « on va faire une Rueda de casino ».

Les étapes du développement de la Rueda de Casino : 1960 – 1980

La Révolution nationalise tous les clubs privés. La plupart deviennent des centres sociaux pour travailleurs qui en feront des centres de divertissement pour les jeunes.

Dans les centres apparaissent une « nouvelle génération de danseurs de casino ». Les Rueda se forment dans ces lieux de divertissements. Les Rueda deviennent célèbres grâce à la reconnaissance sociale de leur leader, ou chanteur. Les Rueda sont également reconnues de par le lieu où elle se pratique.

La plus grande Rueda de Casino a atteint cent couples. Elle était composée de blancs, métis, et noirs. Elle avait la réputation de ne jamais se tromper. Celui qui se trompait subissait les lazzis du groupe et le rejetait.

C’est aussi à cette époque que se multiplie un accès illimité à la culture pour tous les cubains. La politique culturelle de l’époque conduit à l’émergence des ballets folkloriques, des écoles de formations qui intégreront dans leur programme la Rueda de Casino.

A partir des années 70, la musique cubaine prend un nouvel essor. Création d’une nouvelle interprétation du Son, le Songo. Création d’un programme culturel à la fin des années 70 pour sauver et revaloriser les danses populaires cubaines. Enfin les fêtes des jeunes filles de quinze ans participent au développement de la Rueda de Casino.

Les Rueda de Casino se caractérisent à cette époque par l’expérience, la qualité, la virtuosité, et le style des danseurs : danser à contre temps de la clave, réaliser des tours rapides seul ou en couple sans perdre le rythme, exécuter des figures différentes, de manière continue et sans se tromper, improviser, réaliser des grands déplacements sans se « perdre » donnent l’atmosphère des Rueda des Casinos de l’époque…

Certains lieux de danse deviennent très sélectifs, exigent des participants un très bon niveau, et sont même regardant sur la tenue vestimentaire. La compétition s’installe dans les casinos. Inventer de nouvelles figures devient omniprésent chez les danseurs. Les quartiers finissent par se différencier dans le Style des Rueda de Casino.
La Rueda de Casino sera la danse la plus populaire de cette époque.

L’actualité de la Rueda de Casino : 1981 – 2000…

La recherche de nouveaux chemins dans l’interprétation musicale, la virtuosité, et la créativité voit le jour. Elle atteint une dimension internationale et accélère le développement du Casino.

La venue d’Oscar de Leon en 1983. Sa façon de danser sur scène va inspirer les danseurs de Casino.

A partir de 1988, de nouveaux groupes surgissent et participent au développement du Casino. La majorité de ces groupes renouvellent leur jeu de scène en improvisant des mouvements chorégraphiques.

Le développement du tourisme international, et la sortie de groupes cubains à l’extérieur du pays vont contribuer au rayonnement de la musique et de la danse populaire à Cuba. Les espaces de danse deviennent des lieux directs de rencontre entre les musiciens et les danseurs de Casino.

La Rueda de Casino s’enrichit de pas et figures empruntés à d’autres danses populaires ou folkloriques. On s’interroge alors sur les différents accents de la musique et leur interprétation au niveau du corps. Ce thème devient très polémique. Car il n’y a pas en fait une seule manière « de marquer le pas en relation avec la musique ».

La Rueda de Casino est à l’image du peuple et de la culture cubaine. Danse de divertissement, la Rueda de Casino a acquis une grande liberté dans ses mouvements « corporels et spatiaux ». La musique cubaine, l’apogée des grands orchestres et chanteurs internationaux ont fortement influé sur cette liberté d’action.